08/07/2015

de l'art de gérer la charge émotionnelle

donc, je suis toute chamboulée
donc, je me fais une raison que pas plus moi qu'une autre
je l'ai déjà dit, je ressens un truc pour lui
je l'ai déjà dit, je pense que c'est réciproque
je l'ai déjà dit, je pense aussi que je me fais des illusions parce qu'il est attentionné envers certaines autres
donc, je me fais petit à petit une raison
évidemment, par moment, il lâche un mot ou l'autre qui fait mouche
évidemment, s'il passe quand une autre fait la perm, moi, je ne le vois pas quand c'est mon tour
évidemment, mon estime de moi se dit que c'est normal, que je ne suis pas spécialement "aimable"
et puis, vendredi
et puis, ce bbq du boulot
il fait chaud et le vin coule à flot
je discute avec un de ses concitoyens
petit à petit, le cercle se restreint et l'ambiance change
la parole se libère mais sans règlement de compte
sauf qu'à un certain moment, il me traite de salope
il le redit un peu plus tard
je sais pas trop à propos de quoi, il me traite ainsi
je comprends pas
alors que je participe à la conversation, il me lance un ta gueule
j'ai horreur de l'insulte et l'alcool n'excuse pas tout
je lui dis à mon habitude "tu ne me parles pas ainsi, tu m'insultes pas, si tu veux que je me taise, tu me dis tais-toi"
il me regarde droit dans les yeux et me dit tais-toi alors
il y avait eu des déclarations de certains me concernant plus avant qui m'avaient chahutée
j'ai levé sérieusement le pied concernant la boisson et j'écoute puisque je dois me taire
je le surprends plusieurs fois qui me fixe
il est très tard et il n'est pas du tout en état de reprendre la route
"donne-moi tes clés, je vais te reconduire"
il discute pas, il fait le con mais j'ai ses clés
j'arrive à convaincre une autre collègue de prendre ma voiture pour me reprendre chez lui
il veut sa voiture dans son garage
j'exécute
il veut pas nous laisser partir et je pense que ses voisins sont au courant
finalement, on rentre
de l'eau pour éliminer l'alcool
on l'abandonne finalement
j'ai peur qu'il se fasse mal dans les escaliers
je passerai une nuit de merde
trop de mots, de regards, d'émotions, je gère mal
je ne sais plus où j'en suis niveau boulot ou sentiment
le samedi, je prends des nouvelles de certains par sms
de lui aussi, évidemment
pas de réponse
début d'aprem, je l'appelle
j'ai droit à un houlalala, c'est dur mais ma voiture est pile poil à sa place dans le garage. Merci !
il a des trous
tu m'expliqueras ?
oui, t'inquiète pas, y'a rien eu de grave ...
samedi soir, autre soirée qui se terminera tard
très tard
dimanche, suis crevée alors j'ai le choix : ou je végète dans le fauteuil ou je vais me promener avec les chiennes
deuxième solution retenue
en attendant, tous ces mots que j'ai entendu durant ce week-end me poursuivent
quand j'arrive à hauteur de chez ma petite collègue, je l'invite à me rejoindre avec son monstre
elle me rejoindra plus tard et me confiera son monstre à gérer
on parle du bbq qu'elle a quitté tôt
je lui dis les paroles qu'il m'a dit
elle me regarde interloquée "il les pense pas, c'est l'alcool ! jamais, il te dirait ça, il tient tellement à toi ! vous êtes tellement complices, tous ses sourires, ta voix qu'il entend dans sa tête ! je te jure, il tient trop à toi !"
évidemment que c'est évident
tellement évident pour tout le monde
sauf pour moi
sauf pour lui
"je n'aime que mes fils"
évidemment que j'aime mes fils plus que tout
mais qu'est-ce que ça vient faire là-dedans ?
il ne se rappelle pas m'avoir mal traitée
il ne dit plus rien
il ne me dira jamais rien
je suis mariée et je deviens vieille
il est seul et je sais qu'un enfant lui manque
un jour, j'avais dit que je n'aurais jamais d'enfant avec un autre homme que Monsieur
il m'avait demandé pourquoi
j'avais trouvé son intérêt "bizarre"
j'ai des problèmes avec les contacts physiques intempestifs que j'évite en les refusant systématiquement de quiconque pour ne pas être blessante avec certains
j'ai eu droit aux reproches aussi
maintenant, je dois gérer tout ça
c'est pas évident
surtout qu'à chaque moment, je pense à lui ...

00:12 Écrit par pommefraise | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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